Être auto-entrepreneur et travailleur handicapé ?
C'est possible

Dernière modification : 15/01/2018

L’Agefiph aide les entreprises de plus de 20 salariés à remplir leur obligation de recruter au moins 6 % de travailleurs handicapées. Cette association aide aussi les porteurs de projets de création d’entreprise, comme l’explique Hugues Defoy, directeur du Pôle métier de l’Agefiph.

  • Le statut d’auto-entrepreneur est-il reconnu par l’Agefiph ?

    Pour nous, le statut d’auto-entrepreneur est un statut parmi les multiples autres qu’un créateur d’entreprise peut choisir pour lancer son activité. Tous les statuts sont éligibles à cette aide. Seuls les critères d’éligibilité du projet sont pris en compte : situation de demandeur d’emploi, activité principale et non occupationnelle, viabilité économique assurant une autonomie financière… Tous les créateurs d’entreprise en situation de handicap sont éligibles à notre aide si leur projet est considéré comme viable. Au total, nous accompagnons environ 3 500 projets chaque année.

  • Les auto-entrepreneurs handicapés peuvent-ils bénéficier d’aides spécifiques ?

    Quel que soit le statut choisi pour la nouvelle entreprise, notre aide repose sur 2 principes simples. D’abord, le porteur de projet doit être bénéficiaire de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (titulaire d’une reconnaissance administrative du handicap). Ensuite, son projet de création d’entreprise doit être solide. Pour valider la viabilité des projets, nous avons sélectionné par appel d’offre des prestataires spécialisés dans l’accompagnement à la création d’entreprise. Par exemple, pour les Boutiques de gestion, le prestataire reçoit l’entrepreneur, évalue son projet d’activité et l’accompagne dans les premières étapes, notamment l’étude de marché et le plan de financement.

  • Quelle est la nature de vos aides ?

    La première est la mise en relation avec ce prestataire, pour accompagner le créateur d’entreprise dans la validation de son projet. Il évalue aussi si celui-ci est compatible avec le handicap du porteur de projet, ses compétences et ses capacités à le mener à bien. S’il y a un doute, nous sollicitons un avis complémentaire, par exemple, auprès des services de santé au travail compétents sur ces sujets. Quand le projet est validé, nous octroyons une aide d’un montant de 5 000 euros si le créateur d’entreprise apporte lui-même 1 500 euros. C’est une aide et non un prêt. Un coup de pouce pour lancer l’entreprise et contribuer au financement des investissements nécessaires au démarrage de l’activité. Elle est aussi totalement indépendante des conditions de ressources de l’entrepreneur, notamment les pensions ou les éventuelles allocations perçues pour son handicap.

  • Poursuivez-vous l’accompagnement après le démarrage ?

    Oui. Nous proposons un accompagnement post-création d’entreprise pour soutenir les trois premières années d’activité. C’est important d’avoir un soutien les premières années, pour pérenniser l’activité. Et nous collaborons aussi avec la fondation « Entrepreneur de la cité », qui donne accès à l’assurance professionnelle, y compris pour les micro-entrepreneurs. Ainsi, l’Agefiph peut prendre en charge la cotisation à la « Trousse Première Assurance » pendant deux ans, garantie décennale exclue.

Tous les auto-entrepreneurs en situation de handicap sont éligibles à notre aide si leur projet est considéré comme viable. Au total, nous accompagnons environ 3 500 projets chaque année. Hugues Defoy, directeur du Pôle métier de l’Agefiph, Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées.

Hugues Defoy, directeur du Pôle métier de l’Agefiph, Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées.