5 questions à
un créateur d'espace de coworking

Dernière modification : 15/01/2018

Le coworking va au-delà du simple bureau partagé où se croisent des travailleurs. L’espace doit être un lieu vivant et animé, autour d'une communauté harmonieuse de coworkers. Entretien avec Eric Fontaine, cocréateur du Loft, à Marseille. Le lieu accueille une dizaine de coworkers.

L'essentiel

  • Les coworkers exercent très souvent des métiers liés à la nouvelle économie
  • L'animation du lieu est importante pour créer une cohésion et une émulation
  • Le coworking ne peut pas toujours accueillir des travailleurs nomades pour des raisons d'espace et de qualité d’ambiance
  • Le coworking s’adapte mal à certaines professions, il convient aux communicatifs
  • Pourquoi avez-vous créé un espace de coworking ?

    Au départ, le Loft n'était pas un espace de coworking. C’était les bureaux de la société que nous avons créée avec un associé. Acheté il y a presque deux ans, nous en avons fait un bel espace, chaleureux, avec des boiseries, une jolie décoration. L'aspect rentabilité n'était pas une priorité pour nous. Nous souhaitions surtout partager ce lieu avec des personnes qui apprécient l'état d'esprit que nous insufflons. Et, aujourd'hui, on peut dire que le Loft a une identité forte, une ambiance qui lui est propre. Nos coworkers sont vraiment devenus des amis !

  • Comment fonctionne votre espace ?

    Le Loft est ouvert depuis décembre 2015. Au bout de dix jours, nous avons accueilli notre premier coworker, un photographe, ému par le côté artistique du lieu. Aujourd'hui, une dizaine de coworkers se partagent l'espace. Tous exercent des professions liées aux nouveaux métiers : e-commerce, designers et développeurs web, production audiovisuelle, biotechnologies… D'un point de vue pratique, le Loft est en accès libre 7 jours sur 7, de 6 heures à minuit, grâce à un système de badge. Et les coworkers disposent bien sûr d'un Internet à très haut débit, d'un vidéoprojecteur, d'une télévision connectée, d'une salle de réunion. Sans oublier le café et les gourmandises à volonté, avec la cuisine équipée !

  • Comment l’animez-vous ?

    Nous mettons en place régulièrement des ateliers thématiques, où sont invitées trente à cinquante personnes. Ils peuvent être animés par nos coworkers eux-mêmes. Par exemple, l’un d’eux travaille dans le e-commerce et a créé un atelier sur le développement d'un business sur Amazon ; un autre sur les besoins spécifiques des start-ups en matière juridique ou logicielle ; moi-même sur le développement Web… Et puis, entre coworkers, nous organisons des événements pour toutes les fêtes calendaires, arbre de Noël, Chandeleur, etc.

  • Pourquoi ne pas vous ouvrir votre espace à des travailleurs plus nomades ?

    Effectivement, nos coworkers s'engagent pour six mois minimum. Et, pour l'instant, nous n'avons pas de turn-over. Notre espace de 85 m2 est trop petit pour accueillir des personnes qui viendraient « au ticket ». Si nous étions 20 dans cet espace, nous perdrions tous en confort. Il nous faudrait donc créer un lieu dédié aux travailleurs nomades. Et je ne suis pas certain que nous puissions conserver la même qualité d'échanges, de partage et de travail.

  • Quelles sont les limites du coworking ?

    Qui dit coworking dit « open space ». Il ne faut pas se tromper sur ses besoins. En réalité, certaines personnes rencontrées cherchent plutôt un bureau à louer. Par exemple, nous ne pouvons pas accueillir un avocat qui doit recevoir beaucoup de clients et gérer des dossiers confidentiels. Il faut apprécier de partager physiquement un espace, et être plutôt de nature ouverte. Nous n’avons pas de bureau individuel, parfois il y a un peu de bruit. Mais aux dires de tous, cela a plutôt boosté leur productivité !