Marine Gauthier, mère et auto-entrepreneur à la fois !

Dernière modification : 26/03/2018

Etre auto-entrepreneur et mère de famille n’est pas un frein à la réussite. La preuve avec Marine Gauthier, spécialiste du conseil en plaidoyer, qui conjugue avec brio un emploi du temps très chargé.

Marine Gauthier est à la fois auto-entrepreneur et mère de famille.

Marine Gauthier est à la fois entrepreneur et mère de famille. @ D.R.

Elle développe son expertise à l’étranger

Spécialiste du conseil en plaidoyer depuis cinq ans, Marine Gauthier développe depuis plusieurs années son expertise dans le monde entier. Elle cumule les fonctions d’analyste politique, de consultante, et de coordinatrice de programme. « Mon rôle consiste notamment à aider les ONG, qui souhaitent faire un plaidoyer, par exemple pour interdire les pesticides à un endroit précis ou travailler sur le droit des peuples autochtones. Je peux également faire des notes de cadrage, des analyses… Pour résumer, mon métier est à mi-chemin entre la politique, le droit et la société».

Sa carte bleue bloquée à l’étranger

Son métier l’amène bien évidemment à voyager aux quatre coins du globe, parfois même dans des zones de conflits. Avec certaines mésaventures auxquelles elle n’avait pas du tout pensé à la base. « Je me souviens, j’étais au Congo, dans une zone de guerre. Une fois, la banque a bloqué ma carte bleue car elle pensait qu’il y avait une fraude sur mon compte personnel. Résultat, j’étais en pleine zone de conflits et je ne pouvais pas retirer d’argent. Avant de bloquer ma carte, cela aurait été bien que la banque m’appelle ! Les déplacements suivants dans ces pays, je suis donc partie, à chaque fois, avec beaucoup d’argent liquide sur moi afin de ne plus être confrontée à ce problème ». Autre anecdote : « La banque a bloqué un paiement que je devais recevoir car il était considéré comme suspect, j’ai alors dû la contacter et lui envoyer le contrat établi avec le client pour prouver que ce paiement était finalement légal ». Pourquoi alors ne pas avoir pris un compte pro ? « Ce n’est pas obligatoire alors je ne l’ai pas fait ».

De retour de l’étranger elle prend le statut d’auto-entrepreneur

Installée en Norvège durant les premières années de son activité, elle n’est revenue en France que récemment et a pris le statut d’auto-entrepreneur pour poursuivre son activité de conseil en plaidoyer. « Cela a été un choc pour moi », explique-t-elle. « En France, le système de  l’auto-entreprenariat est beaucoup plus compliqué, entre le RSI, l’URSAFF, la caisse de retraite…il y a trop d’interlocuteurs ! Rien n’est centralisé, on perd du temps, trop de temps ». Marine Gautier garde même un souvenir très amer des premiers contacts pour prendre le statut d’auto-entrepreneur en France. « Je vivais en Norvège et j’étais enceinte, je souhaitais rentrer. J’ai alors contacté les URSSAF, le RSI pour pouvoir rentrer en France et prendre le statut d’auto-entrepreneur tout en étant enceinte, et personne n’a su m’orienter. On m’a donné l’impression qu’il fallait soit travailler soit faire des enfants ». Son constat est simple : « il n’y a pas assez de liens entre les pays, il faudrait un statut commun en Europe pour les travailleurs indépendants ».

Besoin d’accompagnement pour les échéances fiscales

De retour en France, Marine Gauthier a finalement pris le statut d’auto-entrepreneur après la naissance de sa fille. Son activité professionnelle et sa vie privée sont désormais séparées en deux comptes bancaires. « Finalement, cela me permet de mieux tenir ma comptabilité, de voir ce que je gagne vraiment chaque mois. Toutefois, pour ceux qui n’ont pas de comptable comme moi, ce serait bien qu’une banque puisse nous accompagner pour les échéances fiscales ».

Auto-entrepreneur et mère de famille

Pour rien au monde, aujourd’hui, elle ne changerait ce statut d’auto-entrepreneur mère de famille. « J’ai la chance d’être largement flexible dans mon emploi du temps et je peux profiter de ma fille quand je veux. On a une certaine liberté et ce n’est pas anodin s’il y a de plus en plus de freelances. Aussi, quand ma fille est malade, je peux être présente car je sais que je vais pouvoir rattraper mon travail ultérieurement ». Toutefois, Marine Gauthier attend d’autres évolutions pour que le statut d’auto-entrepreneur soit parfaitement compatible avec celui de mère de famille. « Par exemple, on n’a pas droit à des congés enfants malades », détaille-t-elle. « Autre cas de figure : si un client me demande de venir à l’étranger pour une mission de trois mois, j’emmène ma fille avec moi, mais quand je reviens en France, que se passe-t-il au niveau de la crèche ? Il n’y aura plus de place à moins que je doive payer ces trois mois où elle n’ira pas ? Ces services devraient aussi s’adapter à la flexibilité du statut d’auto-entrepreneur ».