La vie d’artiste, mode d’emploi

Dernière modification : 15/01/2018

Vous êtes sur le point d’embrasser une carrière d’artiste ? Découvrez les parcours de Christophe Paucellier, photographe inscrit à l’Agessa depuis six ans, et Hervé Hauboldt, graphiste à la Maison des artistes depuis vingt ans. Deux artistes disposés à partager leur expérience et leurs astuces pour votre démarrage. Interview.

L'essentiel

  • Suivez le guide et les réunions proposés par la Maison des artistes pour bien démarrer votre activité
  • En cas de cumul d’activités, justifiez vos revenus pour prétendre à l’adhésion au sein de l’Agessa
  • Facilitez-vous la vie, prenez un expert-comptable, spécialisé en droit des artistes
  • Bien expliquer à vos clients, le précompte des charges sociales et la contribution de 1,1% réservée aux distributeurs et exploitants de l’œuvre
  • Avez-vous rejoint l’Agessa ou la MDA dès le démarrage de votre activité ?

    Hervé Hauboldt

    Dès le départ, il y a vingt ans, j’ai rejoint la Maison des artistes (MDA) qui m’a très bien expliqué les formalités à accomplir pour me lancer. Ensuite, il m’a suffi de suivre leur mode d’emploi et de justifier, le moment voulu, mon activité.

    Christophe Paucellier

    Après une longue carrière de photographe de presse, j’ai souhaité diversifier mon travail et m’orienter vers des collaborations artistiques. J’ai alors eu besoin de cotiser à l’Agessa. Notamment pour facturer mes nouveaux clients.

  • Est-ce une démarche facile ?

    C. P.

    Pas vraiment. Mon cumul d’activités a été difficile à faire comprendre à l’Agessa. J’ai dû démontrer la part importante de mes travaux artistiques dans l’ensemble de mes occupations. J’ai dû monter un dossier et passer devant une commission. La procédure a été longue mais a fini par payer.

    H. H.

    Pour ma part, tout s’est bien passé. Mais mon cas était simple. Je sais qu’il existe des réunions d’informations à la MDA ou à l’Agessa pour guider les nouveaux adhérents dans leurs démarches. Cela peut être une bonne idée pour partir du bon pied.

  • Avez-vous un conseil pratique et indispensable à donner lors du lancement d'une activité d’artiste ?

    C. P.

    Il faut recourir sans hésiter à un expert-comptable pour assurer la gestion de son activité. C’est vraiment une aide au quotidien. D’autant que nous, les artistes, sommes souvent peu familiarisés avec la compta et les chiffres. Pour ma part, j’ai opté pour un cabinet spécialisé en droit des artistes. C’est une vraie valeur ajoutée. Auparavant, j’avais collaboré avec un comptable généraliste qui ne connaissait pas les spécificités de notre métier. La communication était donc compliquée. Je vois vraiment la différence aujourd’hui. Je peux me concentrer sur mon travail de photographe sans être perturbé par la gestion. Cela n’a pas de prix.

    H. H.

    J’ai également pris un expert-comptable pour m’aider. Mais cela ne me dédouane pas de ma comptabilité au quotidien. Il faut vraiment être sérieux et rigoureux, même quand on est allergique à l’administratif. J’ai créé un tableur pour bien reporter mes facturations avec un système de couleurs afin d’y voir clair sur ce qui est réglé, en cours ou à relancer. Des solutions existent aussi en ligne. A chacun de trouver l’outil qui lui est le plus adapté.

  • Avez-vous rencontré d’autres freins ?

    H.H.

    Le précompte des charges sociales auquel j’ai été soumis au début. Ce n’était pas facile de faire comprendre aux clients qu’ils doivent s’acquitter de nos charges sociales. Autre sujet compliqué et toujours d’actualité, le versement de la cotisation de 1,1 %, que les exploitants ou diffuseurs de nos œuvres sont également obligés de payer. La contribution est calculée sur notre rémunération hors TVA et versée à la Maison des artistes. Un point qu’il faut rappeler sans cesse.

    C. P.

    Depuis mon inscription à l’Agessa, je n’ai pas rencontré de difficultés, à part peut-être l’obligation de repasser, chaque année, devant la commission de l’organisme pour avoir le droit d’adhérer une année supplémentaire. Mais avec un dossier bien monté et l’aide d’un expert-comptable, la procédure est fluide.

  • Une dernière astuce ?

    H.H.

    Pourquoi ne pas s’inscrire dans une association agréée par l’administration fiscale. Un organisme qui veille à la régularité des comptes selon les normes fiscales en vigueur et qui fait bénéficier d’une réduction d’impôts. Ce n’est pas négligeable. Autre atout ? Ils proposent des formations et des ateliers pour développer et gérer son activité.

Pour m’aider, j’ai pris un expert-comptable. Mais cela ne me dédouane pas de ma comptabilité au quotidien. Il faut vraiment être sérieux et rigoureux, même quand on est allergique à l’administratif.

Hervé Hauboldt, graphiste