Aider ses enfants de son vivant, c'est naturel. Que ce soit pour financer un premier appartement, lancer un projet ou simplement leur donner un coup de pouce, la donation est l'outil idéal. Mais entre les abattements, les plafonds et les formalités, on peut vite se perdre. On fait simplement le point sur ce que vous pouvez donner, comment le faire et ce que cela implique fiscalement.
Résumé
- Chaque parent peut donner jusqu'à 100 000 euros par enfant sans payer de droits de donation, tous les 15 ans.
- Un couple peut donc transmettre jusqu'à 200 000 euros par enfant en franchise totale d'impôt.
- Un don familial complémentaire de 31 865 euros est possible si le parent a moins de 80 ans et que l'enfant est majeur.
- Depuis le 1er janvier 2026, la déclaration est obligatoire en ligne sur impots.gouv.fr.
- La donation peut prendre plusieurs formes : don manuel (virement, chèque), acte notarié ou présent d'usage.
Qu'est-ce qu'une donation entre parents et enfants ?
Une donation, c'est le fait de transmettre un bien ou une somme d'argent de son vivant, gratuitement et de façon définitive. Contrairement à un prêt, aucun remboursement n'est prévu. Et contrairement à un héritage, ça se passe maintenant, quand vous et vos enfants pouvez en profiter.
La donation peut porter sur de l'argent, des biens mobiliers (objets, véhicules, actions…) ou des biens immobiliers. Chaque cas obéit à ses propres règles de forme et de fiscalité.
Important : la donation doit respecter la part réservataire de chaque héritier. En clair, vous ne pouvez pas tout donner de votre vivant au détriment des enfants qui seraient spoliés de leur part légale de succession.
Les abattements : combien peut-on donner sans impôt ?
C'est la question que tout le monde se pose en premier. La réponse est claire : les abattements permettent de percevoir des sommes importantes sans payer un seul euro de droits, à condition de respecter les plafonds et les délais.
L'abattement principal : 100 000 euros par parent et par enfant
C'est le dispositif de base, le plus connu et le plus utilisé. Chaque parent peut transmettre jusqu'à 100 000 euros à chacun de ses enfants sans droits de donation, tous les 15 ans.
Pour un couple avec deux enfants, cela représente potentiellement 400 000 euros de franchise d'impôt transmise en totalité sur une période de 15 ans. Et l'abattement se renouvelle : une donation de 100 000 euros faite en 2026 ouvre à nouveau un plein abattement en 2041.
Cet abattement peut être utilisé en une fois ou en plusieurs tranches. Si vous avez déjà donné 40 000 euros a votre enfant, il vous reste 60 000 euros d'abattement disponibles sur la même période de 15 ans.
Le don familial de sommes d'argent : 31 865 euros supplémentaires
En plus de l'abattement de 100 000 euros, il existe un dispositif spécifique pour les dons d'argent (et d'argent uniquement) : le don familial de sommes d'argent, plafonné à 31 865 euros tous les 15 ans.
Conditions à respecter :
- Le parent donateur doit avoir moins de 80 ans au jour du don.
- L'enfant bénéficiaire doit être majeur (ou émancipé).
- Le don doit porter sur une somme d'argent (pas un bien immobilier, pas d'actions).
Ce don familial est cumulable avec l'abattement de 100 000 euros. Un parent de moins de 80 ans peut donc donner jusqu'à 131 865 euros à son enfant majeur sans droits de donation sur 15 ans
Le tableau des abattements selon le lien de parenté
| Lien de parenté | Abattement tous les 15 ans |
| Parent vers enfant |
100 000 euros par parent et par enfant |
| Grand-parent vers petit-enfant |
31 865 euros |
|
Entre époux ou partenaires de PACS |
80 724 euros |
|
Entre frères et soeurs |
15 932 euros |
|
Entre oncle/tante et neveu/nièce |
7 967 euros |
Et le présent d'usage dans tout ça ?
Le présent d'usage, c'est le cadeau que vous faites pour une occasion particulière : anniversaire, Noël, réussite à un examen, mariage… Il n'est pas soumis aux droits de donation et n'a pas à être déclaré, à condition qu'il soit proportionnel à votre niveau de vie et à vos revenus.
Il n'y a pas de montant fixé légalement. Ce qui compte, c'est que le cadeau reste raisonnable au regard de votre patrimoine. Un virement de 500 euros pour l'anniversaire de votre enfant ne pose généralement aucun problème. Un virement de 20 000 euros au même titre, ça sera requalifié en don manuel.
Les différentes formes de donation
Le don manuel : simple et rapide
Le don manuel consiste à remettre directement la somme à votre enfant, de main à main ou par virement bancaire. Pas besoin de notaire pour un don en argent ou en biens meubles. C'est la forme la plus courante et la plus simple.
Attention : le don manuel doit être déclaré aux impôts, même s'il est inférieur aux plafonds et qu'il ne génère aucun droit. C'est l'enfant qui reçoit le don (le donataire) qui est chargé de la déclaration.
La donation notariée : obligatoire pour l'immobilier
Si vous souhaitez donner un bien immobilier (appartement, maison, terrain...), le passage par le notaire est obligatoire. C'est lui qui rédige l'acte, calcule les droits éventuels et s'occupe de l'enregistrement.
La donation notariée peut aussi être utilisée pour de l'argent ou des biens meubles importants, notamment si vous souhaitez formaliser des conditions particulières (clause de retour en cas de décès prématuré de l'enfant, interdiction d'aliénation, etc.).
La donation-partage : anticiper l'héritage
La donation-partage permet de répartir vos biens entre vos enfants de votre vivant, avec l’intervention d’un notaire. L'avantage : elle fige la valeur des biens au jour de la donation, ce qui évite les conflits lors de la succession si les valeurs ont évolué différemment.
C'est un outil particulièrement utile si vous avez plusieurs enfants et souhaitez organiser une transmission équitable et sereine de votre patrimoine.
Les démarches : comment déclarer une donation en 2026 ?
Depuis le 1er janvier 2026, les règles ont changé sur un point : la déclaration est désormais obligatoire en ligne. Plus de formulaires papier à envoyer par courrier (sauf exceptions).
Qui déclare et comment ?
C'est l'enfant qui reçoit le don (le donataire) qui doit effectuer la déclaration, et non le parent. Il se connecte a son espace personnel sur impots.gouv.fr et suit le chemin : Déclarer > Déclarer un don ou une cession de droits sociaux.
Le délai est strict : la déclaration doit être effectuée dans le mois suivant la date du don. En cas de don familial de sommes d'argent (les 31 865 euros), le respect de ce délai d'un mois est une condition pour bénéficier de l'exonération.
Faut-il payer des droits ?
Pas nécessairement. Si le montant versé est inférieur aux abattements disponibles, aucun droit n'est dû. Mais la déclaration reste obligatoire même si vous ne payez rien.
Si le don dépasse les plafonds, les droits sont calculés automatiquement lors de la déclaration en ligne et doivent être payés immédiatement (sauf pour les dons de plus de 15 000 euros, qui peuvent bénéficier d'un paiement différé).
Le barème progressif des droits de donation entre parents et enfants commence à 5 % pour les premiers euros taxables, et peut atteindre 45 % pour les montants très élevés (au-delà de 1,8 million d'euros).
Pourquoi donner de son vivant plutôt qu'à sa mort ?
La donation de son vivant présente plusieurs avantages concrets par rapport à la succession.
- Vous voyez vos enfants profiter de ce que vous leur donnez. C'est souvent ce qui compte le plus.
- Vous pouvez planifier : en anticipant, vous utilisez les abattements dès que vous en avez la capacité et vous pouvez les renouveler tous les 15 ans.
- Vous réduisez la masse successorale : ce que vous avez déjà donné n'est plus dans votre patrimoine au moment du décès, ce qui peut alléguer les droits de succession pour vos héritiers.
- Vous gérez mieux votre transmission : une donation-partage faite de votre vivant évite bien des conflits entre frères et sœurs après votre décès.
Faut-il payer des droits ?
Pas nécessairement. Si le montant versé est inférieur aux abattements disponibles, aucun droit n'est dû. Mais la déclaration reste obligatoire même si vous ne payez rien.
Si le don dépasse les plafonds, les droits sont calculés automatiquement lors de la déclaration en ligne et doivent être payés immédiatement (sauf pour les dons de plus de 15 000 euros, qui peuvent bénéficier d'un paiement différé).
Le barème progressif des droits de donation entre parents et enfants commence à 5 % pour les premiers euros taxables, et peut atteindre 45 % pour les montants très élevés (au-delà de 1,8 million d'euros).
Un exemple concret
Marie, 65 ans, a deux enfants, Lucie et Thomas. Elle souhaite leur transmettre 200 000 euros de son patrimoine.
- Elle donne 100 000 euros à Lucie et 100 000 euros à Thomas. Droits dus : zéro ; les deux dons sont dans les abattements.
- Dans 15 ans, elle pourra renouveler l'opération dans les mêmes conditions.
- Si elle avait attendu son décès, ces 200 000 euros auraient été soumis aux droits de succession en vigueur à ce moment-là, potentiellement avec moins d'abattements disponibles si elle avait également fait des dons entre-temps.
Et Monabanq dans tout ça ?
Faire une donation, c'est aussi une façon de les aider à construire leur avenir financier. Que votre enfant utilise ces fonds pour son premier apport immobilier, pour constituer une épargne ou pour financer un projet, avoir un compte bien structuré change tout.
Chez Monabanq, banque en ligne, on accompagne vos enfants avec des solutions simples : un livret jeune pour les 18-25 ans ou un livret d'épargne pour faire fructifier les sommes reçues. Parce qu'un virement, c'est bien. Un virement qui fructifie, c'est mieux.