Auto-entrepreneurs, comment bien gérer votre budget ?

Dernière modification : 19/02/2018

Auto-entrepreneurs, retrouvez les conseils de Maxime Pekkip, chargé de mission prévention et accompagnement chez Crésus, pour bien gérer votre budget.

  • Comment protéger son équilibre familial quand on crée son entreprise ?

    Déjà, il faut bien séparer son patrimoine. Un statut existe : l’Entreprise individuelle à responsabilité limitée (EIRL). Ce statut est simple, ne coûte quasiment rien, et nécessite très peu de démarches administratives. Il permet d’opter pour l’impôt sur les sociétés et sur les revenus. Créer une EIRL est un dossier de 8 pages, et par rapport à une SAS (Société par Action Simplifiée), ce n’est rien. Il faut également faire attention à bien épuiser les bons instruments financiers et éviter de financer son activité professionnelle avec du crédit personnel, chose que nous voyons très souvent. Il faut également voir à quelles aides vous avez droit. Actuellement, le non-recours pour les entreprises est une catastrophe. Par exemple, il y a l’ACCRE qui permet une exonération sur deux ans de vos cotisations sociales, et d’autres choses comme le droit aux comptes des entreprises. Beaucoup l’ignorent, mais les banques ont aussi l’obligation d’ouvrir des comptes d’entreprise au même titre que les particuliers.

  • Quels sont premiers réflexes à avoir quand l’argent ne rentre pas ?

    Il existe des tas de solutions. Le problème est qu’il y en a tellement qu’on s’y perd. Afin de trouver la bonne solution, il ne faut pas avoir peur de la cessation de paiement, ne pas avoir peur de demander une pause, ne pas avoir de parler avec ses créanciers, ne pas avoir peur de demander des délais. D’ailleurs, il ne faut pas uniquement demander des délais quand on est dans la difficulté. Si vos clients vous paient tard, c’est normal que vos créanciers et vos fournisseurs soient payés tard. Vous n’avez pas à faire l’avance de vos clients et vos fournisseurs. A vous de trouver le juste milieu et l’équilibre.

  • Quels sont les premiers signes d'alerte ?

    La complexité est qu’avec une entreprise, la capacité de rebond est beaucoup plus forte que celle d’une famille ou d’un particulier. On peut parfois sauver une entreprise tout simplement en mettant en place une carte bleue à débit différé. C’est aussi simple que cela. Et cela passe par la mise en place et le suivi d’un tableau de bord. Il faut surveiller et regarder le besoin en fond de roulement (BFR) pour voir si vous n’engagez pas plus de trésorerie que votre activité ne permet d’en dégager. A partir de ce moment-là, le BFR vous permet de trouver les outils comme la cession de factures, le factor, le crédit ou la carte à débit différé, pour pouvoir l’optimiser. Le BFR se calcule assez facilement, mais ça s’apprend.

  • Que faut-il faire si ça se passe vraiment mal ?

    La première chose dépend du statut que vous avez choisi dès le départ. Vous créez une entreprise, et une entreprise, ça se rachète. Vous pouvez très bien créer une micro-entreprise pour ensuite faire racheter le fond de l’entreprise par une entreprise une fois que votre activité est lancée. Toutefois, il ne faut pas oublier que vous n’êtes plus un particulier et vous n’avez donc plus droit à déposer un dossier de surendettement si ça se passe mal, et cela veut dire que vous pouvez vous retrouver avec des procédures beaucoup plus complexes, plus longues et plus dures. Vous pouvez vous retrouver dans des situations d’apnée pendant un ou deux ans pour régler le problème. Il ne faut donc pas prendre une structure trop rigide. Il faut prendre une structure qui puisse disparaître ou se liquider très rapidement. Donc commencer son activité en auto-entrepreneur pour ensuite créer une EIRL est un bon plan, à condition de suivre son tableau de bord et éviter qu’on vous qualifie d’EIRL quand vous dépassez le chiffre d’affaire. Mais attention de ne pas créer un statut trop rigide. Créer d’entrée son entreprise en statut SASU ou SAS, quand il est question de service et que cela ne nécessite pas des investissements supérieurs à 200 000 euros, c’est de l’hérésie !