03/2008

Administration

Recours devant le tribunal administratif pour excès de pouvoir
 
L'administration ou une collectivité locale vient tout juste de refuser votre permis de construire ou au contraire vient d'accepter celui d'un promoteur ; un arrêté municipal vient d'interdire la manifestation sportive que vous organisiez… : bref, une autorité administrative (par exemple, Etat, collectivité territoriale, établissement public) a pris tout récemment une décision générale ou individuelle qui vous cause un préjudice et vous estimez qu'elle a fait une mauvaise application du droit :
- la procédure n’a pas été respectée (le maire a pris une décision sans avoir consulté au préalable tel ou tel organisme dont l’avis est obligatoire…).
- l’autorité qui a pris la décision est incompétente (un préfet a pris un arrêté applicable à l’extérieur de son département, le maire a arrêté seul une décision que le conseil municipal tout entier doit prendre…).
- la justification de l’arrêté est juridiquement fausse (la zone est inondable selon le plan intercommunal alors que l’arrêté municipal dit que la zone n’est pas inondable).
- l’arrêté va à l’encontre d’un texte supérieur (une loi, un règlement européen…).
- l’autorité commet un détournement de pouvoir (modification du POS juste pour que le maire puisse faire construire sa maison) ou un détournement de procédure (la rue est frappée d’alignement sur une largeur telle qu’il s’agit en fait d’une procédure d’expulsion déguisée).
Dans tous les cas, outre différentes autres solutions (saisine du Médiateur de la République ou l’exercice d’un recours gracieux) vous pouvez contester cette décision à peu de frais devant le tribunal administratif. A condition toutefois d'agir le plus rapidement possible et à bon escient, en général dans un délai de deux mois à compter de la notification d’un acte individuel (réception par voie postale ou remise en main propre) ou, s’il s’agit d’un acte réglementaire, de la publication (dans un recueil des actes administratifs) ou de l’affichage (par exemple, sur un panneau en mairie). Attention : la demande (appelée requête) doit être déposée ou reçue au tribunal avant l’expiration de ce délai
 
 Marche à suivre
La juridiction compétente est, en principe, celle dans le ressort duquel se trouve l’autorité administrative à l’origine du litige. Vous pouvez remettre directement votre requête au greffe du tribunal administratif compétent ou bien l’envoyer par courrier, de préférence avec accusé de réception, selon le modèle de courrier proposé. Vous devrez formuler votre demande en autant d’exemplaires que de parties au litige plus deux. Vous y joindrez copies de vos justificatifs en autant d’exemplaires que la requête ainsi qu’une liste récapitulative de ces documents. N’oubliez pas de conserver la preuve de l’envoi du courrier ainsi que l’accusé de réception.
Pour cette procédure, l'avocat n'est pas obligatoire, mais il est nécessaire selon l’importance du litige à vos yeux et dans les affaires complexes.
 
 Le saviez-vous ?
Si votre recours aboutit, la décision administrative sera annulée mais le jugement ne vous donnera pas pour autant l’autorisation qui vous a été refusée (par exemple, l’annulation du refus de permis de construire ne vous autorise pas d’emblée à construire). Vous devrez pour cela réitérer votre demande auprès de l’administration concernée..

Site utile : le site du Conseil d’Etat : www.conseil-etat.fr

 
 Modèle de courrier
Nom
Prénom
Adresse
Numéro de téléphone
A (lieu), le (date)

A l'attention de Monsieur le Président,
Messieurs les membres du tribunal administratif de
(précisez)
(ville)
(adresse)



Lettre recommandée avec accusé de réception


Monsieur le Président,
Messieurs les membres du tribunal administratif,

J'ai l'honneur de vous soumettre la présente requête aux fins de voir annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du (précisez l'autorité qui a pris la décision : maire de la ville de..., préfet de...) pris en date du (précisez la date) et dont vous trouverez copie ci-joint.

Ce texte a en effet (précisez les effets du texte tel que : accordé à mon voisin un permis de construire). Or, à mon sens, cet arrêté (précisez l'illégalité que vous percevez dans le texte, du type : a été pris par une autorité manifestement incompétente ; a violé un texte supérieur puisque le plan d'occupation des sols prévoit que les permis de construire doivent être gelés pour 3 ans...).

C'est pourquoi je vous demande de prononcer l'annulation du texte précité. (Ajoutez selon votre dossier : A toutes fins utiles, vous trouverez ci-joint copies en X exemplaires (précisez-en le nombre) des documents en ma possession nécessaires à la manifestation de la légalité dans cette affaire ainsi qu’une liste récapitulative de ceux-ci).


Formule de politesse

Signature
 
télécharger le courrier Fermer